Vous hésitez devant une phrase toute simple : faut-il écrire « tel que » ou « tels que » ? Ce doute surgit souvent au moment d’un mot aux enseignants, d’un mail professionnel ou d’un devoir à relire. Et plus on réfléchit, plus la règle semble floue.
Le problème, c’est que l’expression est partout en orthographe française, mais rarement expliquée de façon concrète. Résultat : on la croit parfois invariable, ou on accorde « au feeling », avec la peur de se tromper.
Bonne nouvelle : l’accord de « tel que » obéit à une logique simple, liée au sens de la phrase. Une fois ce mécanisme compris, vous saurez quand écrire « tel que » et quand choisir « tels que », sans stress ni hésitation.
La règle de base : « tel que » s’accorde avec le nom qui précède
Commençons par l’essentiel. Dans l’immense majorité des cas, « tel » est un adjectif qualificatif. À ce titre, il s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. Et ce nom, bonne nouvelle, se trouve presque toujours juste avant.
Concrètement, vous écrirez :
- Les documents tels que le règlement et la charte
- Une erreur telle que celle-ci
- Des activités telles que la lecture ou l’écriture
Singulier ou pluriel, masculin ou féminin : l’accord suit tranquillement le nom précédent. C’est la règle de base, celle que rappellent régulièrement des outils comme le Projet Voltaire, et qui permet d’éviter une grande partie des erreurs.
Un doute persiste parfois quand plusieurs noms se succèdent. Dans ce cas, arrêtez-vous un instant : à quoi renvoie vraiment « tel » ? C’est ce mot-là qu’il faut regarder, pas le reste de la phrase.
Pourquoi on accorde avec le mot placé avant
Grammaticalement, rien de mystérieux. « Tel » est un adjectif, au même titre que « grand », « utile » ou « compliqué ». Il qualifie un nom et s’accorde avec lui, selon les règles classiques de la grammaire française.
Le « que » qui suit introduit une subordonnée explicative. Il ne fige pas l’expression et ne rend pas « tel que » invariable. Autrement dit, on n’est pas face à une locution magique, mais à une structure parfaitement logique de la langue française.
Les différents sens de « tel que » et leur impact sur l’accord
Si « tel que » fait tant hésiter, c’est parce qu’il peut exprimer plusieurs idées. Exemple, comparaison, manière… Le sens de la phrase joue un rôle clé, même si l’accord, lui, reste généralement le même.
L’OQLF (Office québécois de la langue française) distingue clairement ces emplois. Les reconnaître aide énormément à lever le doute.
- Introduire un exemple concret
- Établir une comparaison
- Exprimer une manière d’être ou d’agir
« Tel que » pour introduire un exemple
C’est l’usage le plus courant, notamment dans les écrits scolaires ou administratifs. « Tel que » sert alors à donner un ou plusieurs exemples.
Regardez ces phrases, typiques des cahiers de liaison ou des consignes :
- Les fournitures telles que les cahiers et les stylos sont obligatoires.
- Les matières telles que le français et les mathématiques sont évaluées.
Ici, l’accord se fait sans hésitation avec « fournitures » et « matières », deux noms pluriels. « Tel que » joue simplement son rôle d’introducteur d’exemples.
« Tel que » dans une comparaison
Autre cas fréquent : la comparaison. « Tel que » rapproche deux éléments pour souligner une ressemblance.
Exemple :
Il a réagi avec un calme tel que celui d’un adulte.
Là encore, l’accord ne change pas. « Tel » s’accorde avec « calme », même si la phrase semble plus abstraite. Le sens comparatif peut troubler, mais la mécanique grammaticale reste la même.
« Tel que » exprimant la manière
Plus discret, cet emploi apparaît souvent avec des verbes d’état ou des descriptions.
Elle l’a accepté tel qu’il est.
Dans ce type de phrase, « tel » renvoie à un pronom ou à un nom implicite. On peut souvent reformuler pour vérifier : comme il est. Cette reformulation aide à comprendre le sens sans modifier la règle d’accord.
Les pièges et confusions fréquentes
Certaines idées reçues ont la vie dure. Elles expliquent une bonne partie des erreurs repérées dans les copies, les mails ou les formulaires administratifs.
- Penser que « tel que » est toujours invariable
- Hésiter dans les formules toutes faites
- Confondre l’accord de « tel » avec celui de « tel ou telle »
Ces pièges ressemblent beaucoup à d’autres confusions classiques de l’orthographe française, comme celles détaillées dans cet article sur l’usage correct de « parce que ».
« Tel que » n’est pas invariable
C’est sans doute l’erreur la plus répandue. Non, « tel que » n’est pas une expression figée invariable.
Comparer aide souvent :
- Des situations telles que celles-ci ✅
- Des situations tel que celles-ci ❌
Si vous pouvez remplacer « tel » par « semblable » ou « identique », l’accord devient évident.
Les formules figées et administratives
Les courriers officiels adorent les tournures ambiguës. « Tel que demandé » en fait partie.
Posez-vous la bonne question : qu’est-ce qui est demandé ?
- Vous trouverez ci-joint la pièce telle que demandée. (la pièce)
- Les documents tels que demandés sont en annexe. (les documents)
Ici encore, l’accord suit le nom, même si la formule paraît toute faite.
Une méthode simple pour ne plus se tromper
Quand le doute surgit, inutile de paniquer. Une méthode en trois questions suffit souvent à trancher.
- Quel est le mot juste avant « tel » ? C’est presque toujours lui qui commande l’accord.
- Quel sens a la phrase ? Exemple, comparaison ou manière : identifier l’intention clarifie tout.
- Puis-je reformuler ? Remplacer par « comme » ou « semblable à » permet de vérifier la cohérence.
Cette gymnastique mentale prend quelques secondes. Avec un peu de pratique, elle devient un réflexe. Et l’accord de « tel que » cesse enfin d’être une source de stress.
Quand « tel que » ne s’accorde-t-il pas ?
Faut-il écrire « tel que tu es » ou « telle que tu es » ?
Quelle est la nature grammaticale de « tel que » ?
Retrouver des automatismes sans se compliquer la vie
Pour accorder correctement « tel que », inutile de réciter une règle abstraite. Le réflexe essentiel reste le même : repérer le nom auquel « tel » se rapporte et vérifier le sens de la phrase. Exemple, comparaison ou manière : c’est cette nuance qui guide l’accord, bien plus que la longueur de la phrase.
Si le doute persiste, relire à voix haute aide souvent à trancher. Vous entendrez naturellement si « tel » décrit ce qui précède ou s’il reste figé dans une tournure particulière. Cette relecture simple évite la majorité des erreurs rencontrées dans les écrits scolaires ou administratifs.
Et souvenez-vous : hésiter, c’est déjà faire attention à la langue française. Avec un peu de pratique, l’accord de « tel que » deviendra un automatisme fiable, sans pression ni sentiment d’être « nul en grammaire ».